Vous venez d'obtenir un permis de construire ou une déclaration préalable ? L'obtention de l'autorisation n'est pas la dernière étape : l'affichage sur le terrain est une formalité obligatoire, dont dépend le point de départ du délai de recours des tiers. Un affichage mal réalisé, incomplet, ou dont la preuve n'est pas suffisamment solide, peut laisser votre projet exposé à un recours bien au-delà des deux mois habituels. Le Cabinet Lou Bessis-Osty, avocate en droit de l'urbanisme, fait le point sur les règles à respecter.
Selon l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme, le bénéficiaire d'un permis de construire, d'un permis d'aménager, d'un permis de démolir ou d'une décision de non-opposition à déclaration préalable doit afficher cette autorisation sur le terrain, de manière visible depuis la voie publique, dès la notification de l'arrêté (ou dès l'acquisition d'une autorisation tacite) et pendant toute la durée du chantier. Le délai de recours contentieux des tiers court, selon l'article R. 600-2, à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage régulier.
Pour faire courir valablement le délai de recours, le panneau d'affichage doit comporter un certain nombre de mentions précises (articles A. 424-15 à A. 424-19) :
⚠️ L'omission d'une mention substantielle — la hauteur ou la mention du droit de recours, par exemple — peut suffire à rendre l'affichage irrégulier et donc inopérant pour faire courir le délai de recours.
C'est au bénéficiaire du permis qu'il incombe de prouver qu'il a bien respecté ses obligations d'affichage, notamment lorsqu'il oppose la tardiveté d'un recours formé par un tiers. Par une décision du 10 mars 2025 (n° 472387), le Conseil d'État a jugé que de simples photographies prises par le bénéficiaire lui-même, même accompagnées de leurs métadonnées numériques, ne présentent pas de garanties d'authenticité suffisantes compte tenu des possibilités techniques de modifier ces données — et ne suffisent donc pas, à elles seules, à démontrer un affichage continu.
En pratique, le mode de preuve le plus sûr reste le constat d'un commissaire de justice (ex-huissier), idéalement à trois reprises : au premier jour de l'affichage, à un mois, puis à l'issue des deux mois. Des photographies peuvent rester utiles en complément, mais ne doivent pas constituer l'unique élément de preuve.
À défaut d'affichage régulier et continu, le délai de recours de deux mois ne court jamais. Les tiers conservent alors la possibilité de contester l'autorisation bien au-delà de ce délai — sous réserve du délai butoir de six mois à compter de l'achèvement des travaux, prévu par l'article R. 600-3 du code de l'urbanisme, au-delà duquel aucun recours n'est plus recevable, sauf reprise du délai en cas de fraude.
Que vous soyez bénéficiaire d'une autorisation d'urbanisme ou tiers souhaitant la contester, le Cabinet Lou Bessis-Osty vous accompagne pour :
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